Dans toutes les professions, il y a des travailleurs très compétents et d'autres qui le sont  beaucoup moins.  Dans certains cas, l'incompétence peut avoir des répercussions sérieuses pour les "clients".  On peut penser, entre autres, au patient qui est opéré par un chirurgien incompétent.  Dans un tel cas, la conséquence pourrait être aussi grave que la mort du patient. 

Dans mon domaine, qui est l'enseignement, si les conséquences de l'incompétence sont moins sensationnelles, elles peuvent être dramatiques.  Les enseignants ont une lourde responsabilité: former les adultes de demain (ou d'aujourd'hui, à l'éducation des adultes) pour qu'ils puissent participer pleinement à la société et s'épanouir dans un travail qui leur permettra de bien gagner leur vie.  S'ils ne sont pas à la hauteur, ce sont tous leurs étudiants qui risquent d'en subir les conséquences.  Le Ministre de l'Éducation envisage de rehausser les conditions d'admission pour accéder au baccalauréat en enseignement, c'est une bonne nouvelle. Actuellement, pas besoin d'avoir de très bons résultats scolaires pour y être accepté.  La réussite d'un test de français permet également de s'assurer que le futur enseignant possède une maîtrise satisfaisante de la langue (beaucoup d'étudiants l'échouent...).  D'autres mesures devraient également être mises en place pour éviter qu'un "bad prof" passe dans les mailles du filet.  Instaurer un ordre professionnel aiderait certainement dans ce sens.  Évaluer les enseignants tout au long de leur carrière, peu importe leurs années d'ancienneté, m'apparaîtrait aussi logique.  Au Québec, les enseignants sont évalués au tout début de leur pratique.  Dès qu'ils obtiennent leur permis d'enseigner, c'est fini!  J'ai débuté ma carrière d'enseignante au Manitoba, en 1990.  Dans cette province, les enseignants doivent se soumettre à une évaluation à intervalle régulier (aux 4 ans, si je me souviens bien...) de la part de leur direction.  Pas question de s'asseoir sur leurs lauriers. Pourquoi ne ferait-on pas de même?

La plupart des enseignants sont des professionnels dévoués et qualifiés, heureusement.  Mais nous avons tous en mémoire au moins un "prof" qui n'était pas assis dans la bonne chaise.  Pas pédagogue ni psychologue... Les élèves solides passeront à travers sans trop de séquelles (à part de perdre leur temps), mais les plus fragiles pourraient subir des échecs et aller jusqu'à décrocher du réseau scolaire à cause d'un de ces  bad profs...Ça peut drôlement changer le fil de leur vie.  Si on augmente les exigences pour accéder à cette noble profession, c'est tout le monde qui en bénéficiera.  J'espère que ça se fera, mais en éducation, au Québec, la tendance est plutôt au nivellement par le bas.